I.  une "Ea epopee authentique" est un récit utilisant des images au sens propre ou figuré


  • Mais les vents de l’Ea peuvent aussi souffler sur la BD, le récit littéraire, le roman graphique, l’album photographique, le web-documentaire, l’installation vidéo, le travail théâtral, les tablEaux organisés en narration, l’opéra. Peut-être bien que la suite de tapisseries de la Dame à la licorne en est une, ainsi que Guernica de Picasso. Plus près de nous, Les monologues du vagin est une Ea.
    Nous ne sommes pas familiers avec tous ces arts, mais nous sommes ouverts.

    Le Rêve de Gabriel…

II.  une "Ea epopee authentique" est inspirée par une démarche d’observation sincère


  • Une Ea n’est certainement pas un bouquet de faits « bruts », ni un manuel. Elle est le résultat d’une écriture, dont la source est la confrontation personnelle d’un auteur avec une expérience de rencontre du réel.


    Nous considérons qu’une Ea peut comporter des éléments de fiction -par exemple un personne, ou une séquence- à condition que ceux-ci soient identifiables comme tels et viennent enrichir le regard sur le regard porté sur le réel.

III.  une "Ea epopee authentique" est l’œuvre de quelqu’un qui assume sa subjectivité 

  • et traduit son observation dans un langage artistique élaboré, résultant d'un point de vue d'auteur affirmé (ce qu'on appelle parfois "poésie"…)

    Nous ne croyons pas à l’objectivité, nous lui préférons l’honnêteté de laisser le spectateur comprendre d’où vient le regard, comment il s’est construit.
    Nous aimons que cela soit tatoué dans le film.

    Avoir un « point de vue » ne signifie pas « avoir une opinion partisane », mais plutôt : raconter d’une manière singulière, en saisissant le fil conducteur du questionnement qui tarraude l’auteur.

    Cette cohérence produit forcément un style. Il est connu que « la forme, c’est du contenu qui remonte à la surface et se laisse voir ».

IV.  une "Ea epopee authentique" obéit à schéma narratif structuré

  • qui se conclut en élargissant le propos de façon à créer une sensation de « souffle épique » (on en sort avec le " sternum élargi ").

    Une Ea n’obéit pas seulement aux exigences éthiques des historiens, elle se place aussi sous la loi des conteurs. Elle rythme le temps et dispose les éléments du récit de façon à les mettre en valeur. Elle utilise la plupart des outils rhétoriques que la fiction.

    Elle évite les chroniques plates et constatives.

    Le souffle épique y est une qualité importante. Le récit s'y organise de façon à aboutir à une conclusion qui va en élargissant le propos. Les grandes forces de la nature et/ou de l'Histoire, dépassant la mesure humaine y interviennent.

    La beauté y côtoie une certaine âpreté et vice versa.

    On devrait sortir de la projection d’une Ea avec la sensation d’avoir le sternum élargi.

V.  une "Ea epopee authentique" se réfère à une collectivité qui transcende les personnages

  • Une EA ne suit pas le parcours d’un seul, en tout cas pas sans l’inscrire dans le contexte d’un groupe plus vaste. Il y a un aspect choral, polyphonique.

VI  une "Ea epopee authentique" accorde une valeur particulière à la parole

  • Une Ea considère que la parole, quand elle traitée de façon appropriée, est un outil cinématographique puissant et riche – autant et parfois davantage que l’image, avec laquelle elle peut se combiner selon des modalités infiniment riches.

VII  une "Ea epopee authentique" comporte plusieurs niveaux de lectures

  • (factuel, métaphorique, symbolique, etc…)

    Elle peut acceuillir des publics très différents, et être vue, revue et rere-vue à sans lasser, en révélant à chaque fois de nouvelles significations.

VIII  une "Ea epopee authentique" pleinement accomplie ne se démode pas

  • Ceci grâce au caractère essentiel de son questionnement. Au-delà de son sujet ou décor apparent, l’Ea s'intéresse à ce qui ne change pas chez les humains.